Compte rendu du conseil municipal d’installation – 28 mars 2026

Une majorité relative transformée en majorité absolue

 Le conseil municipal d’installation du 28 mars 2026 a marqué l’ouverture d’un nouveau mandat à Crosne. À l’ordre du jour : installation des conseillers municipaux, élection du maire, fixation du nombre d’adjoints, élection de ces derniers, lecture de la charte de l’élu local et enfin délégation d’une partie des pouvoirs du conseil municipal au maire.

Un moment institutionnel important, mais aussi un moment politique fort.

Comme nous l’avons rappelé lors de notre déclaration, la liste arrivée en tête l’a emporté avec 41,62 % des suffrages exprimés dans un contexte de participation limitée (60,45 %). Ce résultat, bien qu’il donne mécaniquement une majorité de sièges, ne constitue pas un blanc-seing politique : plus de 58 % des électeurs ont fait un autre choix.

Ce décalage entre représentation institutionnelle et expression électorale appelle à la responsabilité, à l’écoute et à l’humilité. Des exigences que nous continuerons de porter tout au long du mandat.

Déclaration des elu-es de Crosne en Commun

 Chè-res collègues, Mesdames, Messieurs les agents municipaux, Mesdames, Messieurs du public,  

Dimanche dernier, les urnes ont parlé et vous ont placés en tête du scrutin. Nous respectons pleinement ce verdict démocratique. Vous avez su mobiliser et réunir les voix nécessaires pour remporter cette élection. Cependant, les chiffres méritent d’être examinés avec précision.

60,45 % des électrices et électeurs inscrits sur les listes se sont exprimés. Ce taux de participation, bien qu’en hausse par rapport à 2020, demeure faible. Il permet aujourd’hui à la majorité municipale d’obtenir la majorité absolue des sièges dans cette assemblée, avec 41,62 % des suffrages exprimés.

Mais ce résultat ne peut être interprété comme un plébiscite ou un vote de confiance massif : plus de 58 % des voix se sont portées sur d’autres listes. Certains disent déjà que nous aurions dû fusionner entre les deux tours pour vous battre. C’est vrai. Mais pour cela, il faut être deux. De notre côté, nous avons tendu la main. Comme j’ai pu le lire sur les réseaux sociaux, Monsieur Figère semble être resté votre fidèle adjoint jusqu’au bout malgré tout.

Chacun devra désormais tirer les leçons de cette campagne et faire son examen de conscience. De notre côté tout va bien.

Votre victoire ne constitue donc pas un blanc-seing. Elle devrait inviter à une certaine humilité. Pourtant, dès les premières heures de votre succès, le tapage nocturne au Café des Arts, où vous célébriez votre victoire, a pu être perçu comme une forme de provocation par les Crosnoises et les Crosnois qui ne vous ont pas accordé leur confiance. Cette fin de campagne a également vu réapparaître certaines figures du passé auxquelles vous devez beaucoup. Manifestement, certaines d’entre elles ont encore des comptes à régler, et si l’on en juge par la protestation électorale de l’un de vos anciens adjoints, que nombre d’entre nous ont reçue, les prochains mois vont être tendus c’est évident.

C’est aussi cela, l’usure d’un pouvoir exercé trop longtemps de manière solitaire : elle finit toujours par produire ses propres fractures. Nous continuerons, pour notre part, à défendre une autre manière de gouverner. C’est là tout l’intérêt du mandat unique et du référendum révocatoire des élus.

Dans les prochaines semaines, vous allez naturellement occuper de nouvelles fonctions : présidences, vice-présidences, responsabilités dans diverses structures intercommunales. À l’agglomération, où vous siégerez désormais en famille, au SYAGE, au SIVOM, au SMOYS, au syndicat intercommunal Crosne-Yerres et dans de nombreuses autres instances souvent inconnues du citoyen ordinaire. En effet, les Crosnoises et les Crosnois ne savent que trop rarement ce qui s’y fait concrètement. Aucun compte rendu régulier n’est venu les informer de vos actions dans ces structures, pourtant essentielles à la vie quotidienne.

Nous avons étudié attentivement votre programme. Nous n’y avons trouvé ni le mot « démocratie », ni les mots « participation citoyenne ». Cela semble confirmer ce que plusieurs de vos anciens adjoints ont dénoncé quant à votre mode de fonctionnement. Beaucoup d’entre nous l’ont également constaté. Depuis douze ans, vos programmes promettent la création de comités de quartier. Depuis douze ans, ces comités ne voient toujours pas le jour.

Oui, nous avons donc des inquiétudes.

Dans le domaine de l’urbanisme, comment évolueront les projets de la rue du Château-Gaillard ? Quels projets, aujourd’hui mis en attente pendant la campagne électorale, ressortiront demain ? Reverra-t-on le projet du 13-15 avenue Jean-Jaurès ? Qu’adviendra-t-il des propriétés situées côté pair de la rue Alexandre-Foudrier ? Quel sera l’avenir du terrain de basket face à la résidence Crosne Soleil ou de l’espace vert situé face à l’école Joliot-Curie ? Cette école, dont la reconstruction est annoncée depuis douze ans, verra-t-elle enfin le jour ? Dans quels délais et sous quelle forme ? La commune sera-t-elle capable de financer simultanément la reconstruction de la crèche et celle de l’école en assurant ses autres missions ?

Par ailleurs, avec les nombreuses arrivées de population attendues à l’entrée de ville côté hôpital, n’est-il pas devenu indispensable de mener une réflexion globale sur les besoins éducatifs de notre commune, plutôt que de poursuivre une politique de saupoudrage sans vision d’ensemble ? Cette absence de vision globale se retrouve également dans les transports en commun, qui ne répondent plus aux besoins des usagers, notamment celles et ceux du plateau qui ne peuvent plus accéder directement au téléphérique ou à Créteil. Cela renforce encore l’urgence d’une liaison entre la gare de Montgeron-Crosne et le téléphérique.

Pour être efficace, une collectivité doit pouvoir compter sur ses agents territoriaux. Or beaucoup quittent aujourd’hui la collectivité. Heureusement, ce n’est pas le cas de tous, certains ont grandement contribués à votre élection au mépris des règles statutaires qui leurs sont applicables. S’ils sont minoritaires et ne semblent pas être dans la même souffrance que beaucoup d’autres, et pourvu que cela dure pour eux, nous ne doutons pas que vous saurez les remercier dans les prochains mois nous y serons attentifs. Mais pour d’autres, il existe un malaise réel qu’il serait dangereux d’ignorer. 

Cette campagne aura au moins eu le mérite d’accélérer certaines décisions : remplacement et modernisation des candélabres, rebouchage de nids-de-poule, installation de miroirs, pose de pots de fleurs, avancée du cabinet médical. Autant de sujets qui auraient sans doute mérité d’être traités plus tôt.

D’autres dossiers importants appelleront également toute notre vigilance, comme celui de l’antenne relais annoncée près du Franprix.

Ce nouveau conseil municipal marque aussi le départ de certains élus. Nous leur souhaitons le meilleur et souhaitons le meilleur à celles et ceux qui prennent leur fonction. Car n’oublions pas que votre majorité s’est déjà disloquée à deux reprises en cours de mandat. À moins que chacun ici accepte désormais de ne jamais exprimer la moindre divergence, il est permis de penser que de nouvelles tensions apparaîtront.

Chères et chers collègues, j’en arrive à la fin de mon propos.

Il faudra vous habituer à notre présence et à nos mots. Nous prendrons pleinement notre place d’élus minoritaires. Nous serons une opposition exigeante, vigilante, déterminée. Nous serons là pour poser les questions qui dérangent, pour demander des comptes et pour faire vivre le débat démocratique dans cette assemblée. Car aucun débat public n’a pu avoir lieu pendant cette campagne électorale, puisque vous l’avez refusé c’est regrettable.

Quoi qu’il en soit, un troisième tour est désormais engagé. 27 voix seulement ont séparé nos deux listes. Autant dire presque rien.

C’est pourquoi, compte tenu notamment de l’utilisation manifeste des moyens de la ville au service de votre campagne électorale, nous avons déposé hier, dans les délais impartis, un recours en annulation des élections municipales devant le tribunal administratif de Versailles. Car malheureusement, en France comme dans d’autres démocraties, lorsqu’il s’agit du respect des obligations des femmes et des hommes politiques, c’est souvent la justice qui finit par avoir le dernier mot.

Christophe CARRERE

Conseiller municipal, Crosne en Commun

Une opposition déterminée à faire vivre le débat démocratique

Nous précisons qu’aucune délégation n’a été nommée pour les adjoint.es au maire. Le public est donc reparti sans avoir connaissance des interlocuteurs.rices à privilégier. Heureusement les réseaux sociaux nous ont permis d’apprendre dimanche l’une d’entre elles (adjoint à la vie culturelle, associative et évènements)

Nous avons affirmé dès ce premier conseil notre rôle : être une opposition exigeante, vigilante et constructive. Cela passe par des prises de parole, des questions, et une volonté de transparence sur les décisions prises.

Malgré un refus initial du maire de nous accorder la parole — au motif que nous nous étions déjà exprimés — nous avons dû insister pour pouvoir intervenir sur un point pourtant essentiel : les délégations accordées au maire.

Ce refus momentané illustre malheureusement une conception du débat démocratique que nous continuerons de questionner.

Délégations au maire : un retour en arrière préoccupant

Le conseil municipal était invité à accorder au maire 29 délégations prévues par le code général des collectivités territoriales.

Nous avons voté contre.

Pourquoi ? Parce que ces mêmes délégations avaient été retirées en juin 2024 par une majorité d’élus, en raison d’une perte de confiance majeure. Ces éléments ne relèvent pas d’un simple désaccord politique, mais d’une remise en cause profonde de la gestion municipale passée.

Dès lors, une question simple se pose : peut-on aujourd’hui rétablir cette confiance sans clarification, sans reconnaissance des erreurs passées, sans engagement de changement ?

Pour nous, la réponse est non. Et ce refus de confiance est largement partagé : rappelons que 58 % des électeurs ne se sont pas prononcés en faveur de la majorité actuelle.

PV du CM du 10/04/24: Rejet du Budget Primitif 2024

PV du CM du 24/06/24: Retrait des délégations

Des interrogations sans réponse

 Notre intervention a également permis de soulever plusieurs points précis restés sans réponse :

  • Une incohérence dans la délibération concernant la délégation n°16, avec un plafond fixé à 1 500 €, là où les textes le fixe à 1 000 € ;

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045212383 

  • Des montants particulièrement élevés dans certaines délégations, comme les 50 000 € prévus pour les dommages impliquant des véhicules municipaux, sans explication sur les critères ayant conduit à ces arbitrages.

Sur ces sujets comme sur d’autres, nous continuerons à demander des comptes.

Déclaration des elu-es de Crosne en Commun

Il est demandé au conseil municipal de « confier » au maire 29 délégations énumérées dans le code général des collectivités territoriales et citées dans la délibération. Pour mémoire, il s’agit des mêmes délégations qui, en juin 2024, vous avaient été retirées. Nous rappelons que les raisons invoquées par une majorité d’élu.es du précédent conseil municipal, reposaient sur la perte de confiance et l’incapacité dans lesquelles vous vous trouviez après que la Cour Régionale des Comptes, saisie par la Préfecture, ait corrigé le budget primitif de la même année rejeté, lui-aussi, par une majorité d’élu.es.  

On se référera aux procès-verbaux des séances du conseil municipal des 10/04 et 24/06/2024 pour mesurer, dans le détail, l’ampleur des faits dont vous étiez alors l’objet.  

La demande qui nous est faite aujourd’hui pose la question de savoir si l’on peut avoir confiance en vous. Devons-nous faire fi du passé ?  Lors de cette campagne nous n’avons pas vu un candidat qui, fort de ses erreurs du passé, aurait fait amende honorable et donc serait en capacité de solliciter à nouveau la confiance de ce conseil municipal. C’est pour nous la seule question qui se pose ?   

Et à l’évidence, la réponse est non, et c’est d’ailleurs cette réponse que 58% des votants ont exprimée dimanche dernier.  

Les élu.es Crosne en commun voteront donc contre cette demande de délégation et nous voulons, ce faisant, assurer à la majorité de Crosnoises et de Crosnois qui s’y opposent également, que nous serons particulièrement vigilants quant à l’usage que vous en ferez.  

De ce fait nous notons que sur la délégation n°16 le montant indiqué est limité  à 1500 euros alors que le code général des collectivités  territoriales indique une limite à 1000 euros. Cette erreur doit être corrigée.

Ensuite nous nous interrogeons sur le choix des montants mentionnés dans les délégations susmentionnés. Par exemple, 50000 euros pour des dommages impliquant des véhicules municipaux,  est il possible de faire part sur quelles bases ces arbitrages financiers ont été fait et qui expliqueraient ces montants faramineux ?

Céline Redon

Conseillère Municipal, Crosne en Commun

Une vigilance constante pour les Crosnois et Crosnoises

Ce premier conseil donne le ton.

D’un côté, une majorité qui  concède à nouveau tous les pouvoirs entre les mains du maire.
De l’autre, une minorité qui entend jouer pleinement son rôle.

Nous serons particulièrement attentifs à l’usage de ces délégations. Nous serons présents pour défendre l’intérêt général, poser les questions nécessaires et relayer les préoccupations des habitants.

Car la démocratie locale ne se résume pas à une élection : elle se construit chaque jour, dans la transparence, le débat et le respect de toutes les voix.