Compte rendu du conseil municipal – 14 avril 2026
Procès-verbal du conseil d’installation : nous avons refusé de voter.
Dès l’ouverture du conseil, nous avons refusé de prendre part au vote sur l’approbation du procès-verbal du conseil d’installation du 28 mars 2026. Deux problèmes graves ont motivé cette position.
D’abord, la délibération transmise à la préfecture ne correspond pas à celle qui a été soumise au vote des élus lors du conseil d’installation : elle a été modifiée après le vote, sans nouvelle délibération. Ensuite, le procès-verbal lui-même passe sous silence les interventions de notre groupe lors de cette séance.
Approuver ce document en l’état aurait signifié valider un procès-verbal incomplet et une délibération modifiée a posteriori. Nous avons donc formulé deux demandes claires : la correction du procès-verbal pour y intégrer l’intégralité des échanges, et un nouveau vote sur la délibération concernée. Nous nous réservons tout moyen de droit pour faire valoir ces exigences.
Indemnités des élus : nous avons voté contre.
Le conseil a fixé les indemnités du maire et des élus. Le maire bénéficie d’une augmentation de 11,5 % au taux maximum, tandis que les indemnités sont réservées aux seuls élus de la majorité — y compris un conseiller sans délégation, traité à égalité avec des conseillers portant une délégation.
Nous avons proposé une répartition alternative à budget constant (10 065 € / mois), incluant l’ensemble des élus sans distinction d’appartenance politique. Cette proposition a été rejetée. Nous avons voté contre la délibération telle qu’elle était présentée, estimant qu’une différence de traitement fondée uniquement sur l’appartenance politique n’est ni équitable ni justifiable.
Budget 2026 : des chiffres à revoir et des choix qui interrogent
Le conseil a débattu du Rapport d’Orientation Budgétaire 2026, le document qui fixe les grandes lignes des finances de la commune pour l’année à venir. Nous avons acté la tenue de ce débat, mais nous avons pointé plusieurs problèmes.
D’abord, certains chiffres sont déjà obsolètes, voire erronés. Le rapport affirme que l’inflation « poursuit sa décrue » en passant de 2,0 % à 2,2 % entre juin et septembre 2025 — une décrue qui augmente, ce qui est pour le moins surprenant. Surtout, pourquoi s’arrêter à septembre 2025 alors que nous sommes en avril 2026 ? En réalité, l’inflation est redescendue à 1,7 % en janvier 2026 avant de remonter à 2,4 % en mars. Ensuite, le rapport contient des incohérences : les dépenses de fonctionnement passent de 12,2 à 11,9 millions d’euros selon la page consultée, et la capacité d’autofinancement bondit de 1,7 à 2 millions sans explication. Ce rapport aurait dû passer en commission finances avant d’être présenté au conseil — ça n’a pas été le cas.
Sur le fond, nous alertons sur deux points. Les recettes issues des services rendus aux familles explosent de 22 %.
Cette hausse des recettes à laquelle s’ajoute la hausse des droits de mutation confirment l’explosion du nombre de familles s’installant à Crosne.
Mais le revers de la médaille est que la capacité d’adaptation de nos services publics est ajourdhui saturée. La Petite Enfance est particulièrement frappée, doublement pénalisée par la réduction de sa capacité d’accueil suite au sinistre, et par la baisse prévisible des dotations de la CAF. Nous sommes au bord d’un « effet de ciseau », avec des besoins qui explosent et des recettes qui risquent de fondre tant que la Maison de la Petite Enfance ne sera pas reconstruite.
Enfin, sur les grands projets : le groupe scolaire des 20 Arpents est estimé entre 12,3 et 13,5 millions d’euros. Les subventions annoncées (770 000 €) restent très faibles face à ce coût. Nous demandons que chaque projet soit présenté avec son coût réel, les subventions obtenues et le reste à charge pour la commune.
Groupe scolaire des 20 Arpents : Vu la méthode employée et le manque d’information, nous avons voté contre.
Deux délibérations portaient sur la mission de pilotage et la coordination de la rénovation du groupe scolaire des 20 Arpents. Nous ne remettons pas en cause la nécessité de rénover cet établissement — c’est une urgence et nous l’affirmons depuis de nombreuses années. Mais le projet reste flou : pas de plans, pas de concertation avec les familles et les riverains, et aucune vision d’ensemble tenant compte des nombreux projets immobiliers en cours sur la commune. Nous avons voté contre, dans l’attente d’une méthode de co-construction impliquant tous les acteurs concernés.
Vidéoprotection : nous avons voté pour la subvention et posé des questions sérieuses restées sans réponse.
La commune demande des subventions pour étendre son parc de caméras (97 000 € au total). Nous avons voté pour, afin de ne pas priver la ville de potentiels financements.
Mais plusieurs questions restent sans réponse : comment expliquer que le maire annonçait 70 caméras déjà installées pendant sa campagne et que son propre dossier n’en recense aujourd’hui que 46 ? Où sont donc passées les 24 caméras manquantes? Le Maire convient qu’il s’est trompé dans le nombre de caméras installées annoncé durant la campagne municipale. Quelle est l’efficacité réelle du dispositif actuel ? Et surtout, quelles garanties sur la protection des données, alors que pendant la campagne électorale, des vidéos ont été tournées au cœur même du Centre de Supervision Urbain ?
Ligne 18 du métro : adhésion à Orbival, des questions sans réponse.
Le conseil a voté l’adhésion à l’association Orbival, qui œuvre pour le prolongement de la ligne 18. Nous avons voté contre, faute d’informations suffisantes : le maire n’a pas été en mesure de nous communiquer les statuts ni la composition du conseil d’administration de cette association. Le Maire nous précise qu’on lui a demandé d’adhérer, alors il adhère (qui est “on”?).
Nous demandons par ailleurs qu’un élu de la minorité soit désigné pour y représenter la commune aux côtés de la majorité.
Ligne 18 du métro : adhésion à Orbival, des questions sans réponse.
Le conseil a adopté à l’unanimité une motion portée par les élus de Crosne en Commun visant à soutenir les élus victimes de racisme, d’antisémitisme et de toute forme de discrimination.
Incendie de la crèche : toujours des questions.
13 semaines après l’incendie de la maison de la petite enfance (9 janvier 2026), nous avons demandé à avoir accès au rapport d’expertise. Les familles et les Crosnois méritent des réponses claires sur les circonstances du drame et sur les suites données.
Nous avons également interrogé la ville sur la saturation du centre de loisirs Louise Michel, où des familles ne parviennent plus à réserver de places le mercredi.
Aucun élément de réponse concret ne nous a été apporté.